Tableau de flux de trésorerie : comprendre et analyser le cash de votre entreprise


La gestion de trésorerie d'une entreprise peut rapidement devenir complexe : délais de paiement, règlements fournisseurs, impayés clients... Selon le Panorama ETI 2025 d'Agicap, les entreprises françaises enregistrent en moyenne un écart de 18 % entre leurs prévisions de trésorerie et leurs flux réels, et subissent plus de 11 ruptures de trésorerie imprévues supérieures à 50 000 € par an.
Face à ces enjeux, le tableau de flux de trésorerie est l'un des outils fondamentaux pour comprendre l'origine des variations de liquidités, fiabiliser le pilotage financier et préparer les décisions stratégiques de l'entreprise.
Utilisé aussi bien dans le pilotage opérationnel au quotidien que dans le cadre d'une levée de fonds ou d'une négociation bancaire, le tableau de flux de trésorerie apporte une vision que ni le bilan ni le compte de résultat ne peuvent offrir seuls : celle des mouvements effectifs de cash.
Dans cet article, vous trouverez tout ce qu'il faut savoir pour construire, calculer et interpréter un tableau de flux de trésorerie : définition, composants, méthodes de calcul, exemple chiffré et conseils pratiques pour en tirer des décisions concrètes.
Tableau de flux de trésorerie : définition
Le tableau de flux de trésorerie (TFT) est un état financier qui retrace l'ensemble des mouvements de trésorerie et d'équivalents de trésorerie d'une entreprise sur une période donnée. Il est structuré autour de trois catégories de flux : les flux liés à l'exploitation, les flux d'investissement et les flux de financement.
Aux côtés du bilan et du compte de résultat, il constitue l'un des principaux états financiers utilisés pour analyser la situation financière d'une entreprise.
Contrairement au compte de résultat, qui comptabilise les produits et les charges indépendamment de leur date d'encaissement ou de décaissement, le tableau de flux de trésorerie se concentre exclusivement sur les mouvements effectifs de trésorerie. Il permet ainsi de répondre à une question essentielle : l'entreprise a-t-elle réellement généré ou consommé du cash au cours de la période ?
Pour les DAF, les directions financières et les trésoriers de PME ou d'ETI, cet outil est indispensable pour comprendre l'origine des variations de trésorerie, mesurer la capacité de l'activité à générer du cash et préparer les décisions d'investissement, de financement ou de gestion des liquidités.
Quelle est l'utilité du tableau des flux de trésorerie ?
Le tableau de flux de trésorerie démontre la capacité d'une entreprise à fonctionner à court et à long terme grâce à des liquidités suffisantes. Des flux de trésorerie d'exploitation positifs et récurrents constituent généralement un signal favorable : ils montrent que l'entreprise parvient à transformer son activité en liquidités réellement disponibles. Un flux de trésorerie positif témoigne ainsi de la capacité de l'entreprise à rester solvable et à financer son développement.
Avec le bilan et le compte de résultat , le TFT figure parmi les principaux états financiers utilisés pour analyser la performance et la situation financière d'une entreprise.
Pour un DAF ou un trésorier, savoir lire et interpréter un tableau de flux de trésorerie est indispensable pour évaluer la santé financière de l'entreprise et prendre des décisions éclairées. Il permet notamment de :
- •
évaluer la variation de trésorerie générée par les opérations de l'entreprise ;
- •
identifier les périodes de tension ou d'excédent de liquidités ;
- •
analyser la capacité de l'entreprise à financer ses investissements et à honorer ses engagements ;
- •
comprendre la stratégie financière de l'entreprise (croissance interne, externe) et son impact sur la trésorerie ;
- •
préparer les négociations bancaires avec des données fiables et actualisées.
Pour les PME et ETI dont les marges sont souvent serrées, cette visibilité sur les flux réels constitue un levier de pilotage décisif. L'analyse du tableau de flux de trésorerie permet d'identifier rapidement les facteurs qui dégradent la trésorerie et d'améliorer la qualité des prévisions financières.
Tableau de flux de trésorerie vs. Budget de trésorerie : quelles différences ?
Le tableau de flux de trésorerie retrace les mouvements réels de liquidités sur une période passée (mois, trimestre ou exercice). Il documente ce qui s'est effectivement produit dans la trésorerie de l'entreprise.
Le prévisionnel de trésorerie (aussi appelé budget de trésorerie) est quant à lui un outil prospectif. Il projette les flux de trésorerie futurs afin d'identifier en amont les éventuelles tensions de liquidités. Il aide les DAF et dirigeants à sécuriser la liquidité de l'entreprise et à planifier les actions correctives nécessaires : recours à un financement, réduction des dépenses ou activation des leviers d'optimisation du BFR.
Pour synthétiser :
| Tableau de flux de trésorerie | Prévisionnel de trésorerie |
|---|---|---|
Nature | Constat réel | Projection |
Horizon | Historique (mois, trimestre, exercice) | Futur |
Utilité principale | Comprendre l'origine des variations de trésorerie | Anticiper les tensions et planifier |
Fréquence | Mensuelle, trimestrielle ou annuelle | Glissante (13 semaines, annuel) |
Les deux outils sont complémentaires : le tableau de flux de trésorerie nourrit les hypothèses du prévisionnel, tandis que l'analyse des écarts entre prévisions et réalisations permet d'améliorer progressivement la fiabilité des projections.
Les flux de trésorerie d'investissement (FTI)
Les flux de trésorerie d'investissement (FTI) intègrent les mouvements de trésorerie liés à l'achat ou à la cession d'actifs, qu'ils soient corporels (immobilier, équipements, véhicules) ou incorporels (brevets, licences). Ils reflètent les investissements réalisés par l'entreprise pour soutenir ou développer son activité.
La formule de calcul est la suivante :
FTI = acquisitions d'immobilisations incorporelles et corporelles - acquisitions de titres de participation + cessions d'immobilisations + cessions de titres de participation
Pour les PME et ETI, les FTI représentent généralement une part limitée des flux totaux. Ils méritent néanmoins une attention particulière : un FTI négatif récurrent couplé à un flux de trésorerie d'activité (FTA) positif est souvent le signe d'une phase de croissance autofinancée.
Les flux de trésorerie de financement (FTF)
Les flux de trésorerie de financement (FTF) concernent les opérations financières de l'entreprise : emprunts, remboursements, augmentations de capital, versements de dividendes ou recours à une ligne de crédit. Ils traduisent la façon dont l'entreprise structure et fait évoluer son financement.
La formule de calcul est la suivante :
FTF = augmentations de capital + nouveaux emprunts et financements - remboursements d’emprunts - dividendes versés ± flux liés aux comptes courants d’actionnaires
Un FTF positif récurrent peut indiquer une dépendance croissante au financement externe. Combiné à un FTA solide, il peut également traduire une stratégie d'accélération et d'investissement assumée.
La capacité d'autofinancement (CAF)
La capacité d'autofinancement (CAF) mesure les ressources internes générées par l'activité de l'entreprise au cours d'un exercice. Elle permet d'évaluer son potentiel de génération de trésorerie avant prise en compte des investissements et des variations de besoin en fonds de roulement.
Pour les dirigeants et DAF, la CAF est un indicateur clé pour évaluer la santé financière de l'entreprise. Elle permet notamment de :
- •
financer tout ou partie des investissements ;
- •
rembourser les emprunts en cours ;
- •
évaluer le montant distribuable aux associés ;
- •
mesurer la capacité de croissance organique sans recours excessif à la dette.
Le flux de trésorerie disponible (Free Cash Flow)
Le flux de trésorerie disponible (ou Free Cash Flow ) correspond aux liquidités restantes après prise en compte des investissements, des variations de BFR et des impôts liés à l'exploitation. Il s'agit de l'un des indicateurs privilégiés par les investisseurs et les fonds pour évaluer la valeur réellement créée par l'activité.
Une formule simplifiée consiste à calculer :
Free Cash Flow = FTA + FTI
Ou de façon plus détaillée :
Free Cash Flow = EBE - investissements nets - impôts d'exploitation - variation du BFR
Le Free Cash Flow correspond généralement au flux de trésorerie d'exploitation après prise en compte des investissements opérationnels (CAPEX). Les modalités précises de calcul peuvent varier selon les entreprises, les référentiels comptables et les analystes financiers.
Un Free Cash Flow positif et récurrent indique généralement que l'entreprise génère suffisamment de liquidités pour financer son développement, rembourser sa dette ou rémunérer ses actionnaires.
Tableau comparatif EBITDA / FCO / Free Cash Flow
Ces trois indicateurs sont souvent confondus. Leurs différences sont pourtant décisives pour l'analyse financière :
Critère | EBITDA | Flux de trésorerie d'exploitation (FTA) | Free Cash Flow |
|---|---|---|---|
Nature | Indicateur de performance opérationnelle | Cash généré par l'activité | Cash restant après investissements |
Impact du BFR | Non | Oui | Oui |
CAPEX | Non | Non | Oui |
Basé sur des flux de trésorerie | Non | Oui | Oui |
Utilité principale | Comparer la rentabilité opérationnelle | Évaluer la capacité de l'activité à générer du cash | Mesurer la capacité de financement, de désendettement ou de distribution |
À retenir : une entreprise peut afficher un EBITDA élevé tout en rencontrant des tensions de trésorerie si la croissance du BFR absorbe les liquidités générées par l'activité. Le flux de trésorerie d'exploitation mesure la conversion de la performance opérationnelle en cash, tandis que le Free Cash Flow indique ce qu'il reste réellement après les investissements nécessaires au développement de l'entreprise.
La variation du BFR
Le besoin en fonds de roulement (BFR) correspond aux ressources financières nécessaires pour financer le décalage entre les encaissements et les décaissements liés à l'activité. Il est principalement constitué des stocks et créances clients, diminués des dettes fournisseurs et autres dettes d'exploitation.
Sa variation d'une période à l'autre est intégrée dans les flux d'exploitation, car elle traduit directement l'impact du cycle d'exploitation sur la trésorerie.
Deux situations sont à distinguer :
- •
Augmentation des actifs d'exploitation (stocks, créances clients) : sortie de fonds. L'entreprise mobilise davantage de liquidités pour financer son activité.
- •
Augmentation des passifs d'exploitation (dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales) : entrée de trésorerie temporaire, car ces dettes financent le cycle d’exploitation à court terme.
Pour les PME et ETI en croissance, la maîtrise du BFR est souvent aussi décisive que la rentabilité : une entreprise profitable peut se retrouver en tension de trésorerie si son BFR croît plus vite que sa capacité d'autofinancement.
Comment faire et calculer un tableau de flux de trésorerie ?
Le flux net de trésorerie s'obtient en additionnant les trois catégories de flux :
FTA + FTI + FTF
Deux méthodes sont utilisées pour calculer les flux de trésorerie liés à l’exploitation : la méthode directe et la méthode indirecte. Le choix dépend des données disponibles et des pratiques de reporting de l'équipe financière.
La méthode directe
La méthode directe repose sur les encaissements et décaissements réels enregistrés sur la période. Elle consiste à recenser l’ensemble des flux de trésorerie effectivement liés à l’exploitation, sans retraitement du résultat comptable.
Les étapes de calcul sont les suivantes :
- •
recenser tous les encaissements d’exploitation (règlements clients, subventions reçues) ;
- •
recenser tous les décaissements d’exploitation (paiements fournisseurs, salaires, charges sociales, impôts) ;
- •
calculer le flux net d’exploitation : encaissements - décaissements.
Exemple chiffré :
Élément | Montant |
|---|---|
Encaissements clients | 120 000 € |
Paiements fournisseurs | -45 000 € |
Salaires et charges | -30 000 € |
Impôts et taxes | -8 000 € |
Flux d'exploitation (méthode directe) | 37 000 € |
La méthode directe est particulièrement adaptée aux PME disposant d’un suivi de trésorerie structuré et souhaitant une vision opérationnelle des flux. Elle est principalement utilisée dans les reportings de gestion.
La méthode indirecte
La méthode indirecte part du résultat net comptable, puis le corrige pour neutraliser les éléments non monétaires et intégrer les variations du besoin en fonds de roulement.
Les étapes de calcul sont les suivantes :
- •
partir du résultat net comptable ;
- •
ajouter les charges non décaissées (dotations aux amortissements et provisions) ;
- •
retirer les produits non encaissés ;
- •
intégrer la variation du BFR (stocks, créances clients, dettes fournisseurs).
Exemple chiffré :
Élément | Montant |
|---|---|
Résultat net | 25 000 € |
Dotations aux amortissements | +12 000 € |
Augmentation des créances clients | -8 000 € |
Augmentation des dettes fournisseurs | +6 000 € |
Augmentation des stocks | -2 000 € |
Flux d'exploitation (méthode indirecte) | 33 000 € |
La méthode indirecte est la plus utilisée en pratique : elle s’appuie sur des données issues de la comptabilité d’exercice et est directement compatible avec les outils de reporting financier des DAF et contrôleurs de gestion.
Tableau de flux net de trésorerie : comment l'obtenir ?
Le flux net de trésorerie correspond à la variation de la trésorerie sur une période donnée. Il s'obtient en additionnant les trois catégories de flux :
Flux net = FTA + FTI + FTF
Son interprétation dépend de la configuration observée :
- •
Flux net positif : l'entreprise a généré davantage de trésorerie qu'elle n'en a consommé sur la période. Cela peut permettre de financer des investissements, de réduire l'endettement ou d’augmenter les disponibilités.
- •
Flux net négatif : les sorties de trésorerie sont supérieures aux entrées. Cette situation n'est pas nécessairement préoccupante si elle résulte d’investissements de croissance. En revanche, un flux négatif récurrent doit faire l’objet d’une analyse approfondie.
- •
Flux net nul : situation d’équilibre entre entrées et sorties de trésorerie. Elle reste rare en pratique et nécessite une analyse détaillée des trois catégories de flux.
Pour les DAF, le flux net constitue un indicateur de synthèse utile. Toutefois, c’est l’analyse des trois composantes du tableau de flux de trésorerie qui permet de comprendre la dynamique financière réelle de l’entreprise.
Un flux net positif principalement porté par les FTF, sans contribution significative des FTA, peut traduire une dépendance au financement externe et doit être analysé avec prudence.
Comment se présente un tableau de flux de trésorerie sur Excel ?
Voici un exemple de tableau de flux de trésorerie structuré selon les trois catégories de flux, pour une PME industrielle sur un exercice annuel :
Catégorie | Élément | Montant |
|---|---|---|
Flux d'exploitation (FTA) | Encaissements clients | +150 000 € |
| Paiements fournisseurs | -60 000 € |
| Salaires et charges sociales | -45 000 € |
| Impôts et taxes | -10 000 € |
| Total FTA | +35 000 € |
Flux d'investissement (FTI) | Acquisition d'équipements | -20 000 € |
| Cession d'un véhicule | +5 000 € |
| Total FTI | -15 000 € |
Flux de financement (FTF) | Emprunt bancaire reçu | +25 000 € |
| Remboursement d'emprunt | -10 000 € |
| Dividendes versés | -5 000 € |
| Total FTF | +10 000 € |
Flux net de trésorerie |
| +30 000 € |
Cet exemple illustre une situation courante pour une PME en phase de développement : un FTA positif qui contribue au financement des investissements et à l’équilibre global des flux de trésorerie, complété par un recours modéré au financement externe.
Le flux net positif de 30 000 € indique une amélioration de la trésorerie nette sur la période.
À noter pour les ETI multi-entités : la construction d’un flux de trésorerie consolidé nécessite d’éliminer les opérations intragroupe (prêts entre filiales, refacturations internes) pour ne conserver que les flux avec des tiers externes.
Vous souhaitez renforcer le pilotage opérationnel de votre trésorerie ?
Téléchargez le modèle prévisionnel de trésorerie Excel, un outil de suivi des encaissements et décaissements et d’anticipation des besoins de liquidité, en complément du tableau de flux comptable.
[Téléchargez le modèle prévisionnel de trésorerie Excel d'Agicap]
Comment analyser et interpréter un tableau de flux de trésorerie ?
L'analyse du tableau de flux de trésorerie ne se limite pas au flux net final. C'est la lecture combinée des trois sections qui permet de comprendre la dynamique financière réelle de l'entreprise et d'identifier les signaux d'alerte ou les leviers d'optimisation.
Une grille de lecture utile pour les DAF et trésoriers :
Situation | FTA | FTI | FTF | Interprétation |
|---|---|---|---|---|
Croissance autofinancée | + | - | ≈ 0 | L’activité finance les investissements |
Croissance financée | + | - | + | L’entreprise combine génération de cash et financement externe |
Désendettement | + | ≈ 0 | - | L’activité permet de réduire l’endettement |
Tension de trésorerie | - | ≈ 0 | + | L’activité ne couvre plus les besoins de trésorerie |
Flux de trésorerie positif : comment l'interpréter ?
Un flux de trésorerie positif indique que l'entreprise a généré plus de liquidités qu'elle n'en a consommé sur la période. L'excédent peut être réinvesti, utilisé pour réduire l'endettement ou conservé sous forme de liquidités.
Toutefois, cette situation doit toujours être analysée par composante. Un flux net positif porté uniquement par des cessions d'actifs ou du financement externe, sans contribution significative du FTA, ne reflète pas nécessairement une performance opérationnelle solide.
Pour les DAF, l'enjeu principal est de s'assurer que le FTA constitue le moteur durable de la création de cash.
Flux de trésorerie négatif : faut-il s'inquiéter ?
Un flux de trésorerie négatif n'est pas nécessairement alarmant. Pour une PME en croissance ou une ETI en phase d'investissement, un FTI négatif couplé à un FTA positif traduit souvent une stratégie de développement.
En revanche, deux situations doivent faire l'objet d'une vigilance particulière :
- •
un FTA négatif récurrent, qui indique que l'activité consomme durablement de la trésorerie ;
- •
une dépendance structurelle au financement externe pour compenser un manque de cash opérationnel.
Dans ces cas, une analyse approfondie du BFR est indispensable : délais de paiement clients, gestion des stocks et conditions fournisseurs constituent souvent les principaux leviers d'amélioration.
Comment utiliser le tableau de flux pour améliorer la gestion de trésorerie ?
Le tableau de flux de trésorerie n'est pas uniquement un outil de reporting rétrospectif. Bien utilisé, il devient un véritable levier de pilotage permettant d'améliorer la gestion de trésorerie et d'anticiper les décisions financières clés.
Voici les principaux axes d'utilisation pour les DAF et trésoriers :
1. Anticiper les tensions de trésorerie
L'analyse régulière des flux permet d'identifier les périodes de creux liées à la saisonnalité, aux délais de paiement ou aux cycles d'activité, et d’anticiper les besoins de financement : lignes de crédit, affacturage ou négociation des échéances fournisseurs.
2. Optimiser le BFR
Le tableau de flux met en évidence l'impact des délais de paiement clients (DSO) et des conditions fournisseurs (DPO) sur la trésorerie disponible. L'amélioration du BFR peut permettre de dégager des liquidités significatives, sous réserve d’un équilibre avec les relations commerciales et les contraintes opérationnelles.
Le groupe Distriwatt, distributeur de matériel électrique (40 M€ de CA, 4 entités), illustre concrètement ce levier : en structurant le pilotage de ses flux et en travaillant activement sur ses délais de paiement clients, l'entreprise a libéré plus de 4 M€ de trésorerie disponible et réduit son DSO de 30 %.
3. Planifier les investissements
En croisant le FTA prévisionnel avec les besoins d'investissement, le DAF peut déterminer les périodes les plus favorables pour engager des dépenses, en fonction des excédents de trésorerie et de la capacité de financement globale de l'entreprise.
4. Piloter la dépendance au financement externe
L'évolution du FTA et des FTF sur plusieurs périodes permet d'évaluer la dépendance de l'entreprise au financement externe et d'ajuster la stratégie financière.
5. Préparer les négociations bancaires
Un tableau de flux bien construit constitue un support clé pour les discussions avec les partenaires bancaires. Il permet de démontrer la capacité de l'entreprise à générer du cash et à honorer ses engagements financiers, notamment en matière de remboursement de dette.
6. Améliorer les décisions opérationnelles
L'analyse des flux d'exploitation permet d'identifier les postes de dépenses et de BFR les plus impactants. Le DAF peut ainsi orienter les arbitrages budgétaires et ajuster certains paramètres opérationnels (politique de crédit client, gestion des stocks, conditions fournisseurs).
Tableau de flux de trésorerie et tableau de financement : quelles différences ?
Le tableau de flux de trésorerie et le tableau de financement sont deux documents financiers distincts, souvent confondus. Ils répondent à des objectifs différents et s’inscrivent dans des logiques d’analyse complémentaires.
Le tableau de flux de trésorerie retrace l’ensemble des mouvements de liquidités effectifs sur une période donnée, classés en trois catégories : FTA, FTI et FTF. Il se concentre sur les flux de trésorerie réels et permet d’évaluer la capacité de l’entreprise à générer du cash.
Le tableau de financement analyse les variations de la structure financière de l’entreprise entre deux exercices. Il met en évidence l’origine et l’utilisation des ressources et explique notamment les variations du fonds de roulement (FR) et du BFR.
Principales différences :
Pour les PME et ETI, ces deux outils sont complémentaires : le tableau de financement permet d’expliquer les grandes évolutions de la structure financière, tandis que le tableau de flux de trésorerie détaille les mouvements de cash qui en sont à l’origine.
Les erreurs courantes dans l'élaboration d'un tableau de flux de trésorerie
Même avec une bonne maîtrise des concepts, certaines erreurs reviennent fréquemment lors de la construction d'un tableau de flux de trésorerie. En voici les principales et les moyens de les éviter.
1. Confondre flux de trésorerie et résultat net
C'est l'erreur la plus fréquente. Le résultat net intègre des éléments non monétaires (amortissements, provisions) qui n'ont pas d'impact direct sur la trésorerie.
Le tableau de flux de trésorerie se concentre exclusivement sur les mouvements effectifs de liquidités. Une entreprise peut afficher un résultat net positif tout en étant en tension de trésorerie, notamment en cas de croissance rapide ou de décalage du BFR.
2. Négliger les variations du BFR
Les créances clients, dettes fournisseurs et stocks ont un impact direct et souvent sous-estimé sur la trésorerie.
Une hausse du chiffre d'affaires non encaissée se traduit par une augmentation des créances clients et donc une immobilisation de trésorerie, même si le compte de résultat affiche une amélioration de la performance.
Intégrer systématiquement la variation du BFR est indispensable pour obtenir une vision fidèle de la situation de cash.
3. Mal catégoriser les flux
Une mauvaise classification entre FTA, FTI et FTF fausse l'analyse et peut rendre le tableau inutilisable pour la prise de décision.
Par exemple, le remboursement d'un emprunt relève des flux de financement (FTF), et non des flux d'exploitation (FTA).
4. Sous-estimer les charges exceptionnelles
Les flux sortants liés aux aléas (charges exceptionnelles, litiges, régularisations fiscales ou techniques) sont souvent sous-évalués dans les prévisions.
Leur impact peut être significatif sur la trésorerie, en particulier pour les PME dont les marges de sécurité sont limitées.
5. Ne pas mettre à jour le tableau régulièrement
Un tableau de flux établi en début d'exercice et non actualisé perd rapidement sa pertinence.
Les hypothèses évoluent et les flux réels s'écartent des prévisions. Une mise à jour mensuelle, accompagnée d'une analyse des écarts entre prévisionnel et réalisé, est indispensable pour maintenir un pilotage fiable de la trésorerie.
Agicap en pratique : automatiser le suivi de vos flux de trésorerie
Construire un tableau de flux de trésorerie sur Excel constitue une première étape utile. Cependant, pour les PME et ETI gérant plusieurs comptes bancaires, plusieurs entités ou un volume important de transactions, la consolidation manuelle des flux devient rapidement chronophage et source d’erreurs.
Agicap centralise automatiquement les flux de trésorerie issus de l’ensemble des comptes bancaires de l’entreprise via des connexions bancaires sécurisées (EBICS, DSP2). Les transactions sont ensuite catégorisées en flux d’exploitation, d’investissement ou de financement à partir de règles de classification automatisées, ce qui facilite la production et la mise à jour du tableau de flux.
Au-delà du suivi rétrospectif, Agicap permet de structurer un pilotage prévisionnel de trésorerie. Le module de prévision projette les flux futurs à horizon 13 semaines ou sur un plan annuel, en intégrant les données bancaires, les budgets et les informations issues des outils ERP. L’analyse des écarts entre prévisionnel et réalisé permet d’affiner progressivement les hypothèses de projection.
Les résultats sont mesurables : après avoir centralisé et automatisé le suivi de ses flux avec Agicap, Laukimax a divisé par trois son délai moyen de paiement clients, passant de 150 à 46 jours, tout en économisant l'équivalent d'1 ETP sur les tâches de consolidation manuelle.
Pour les groupes et ETI multi-entités, le module de cash pooling permet de centraliser les positions de trésorerie des différentes filiales et de faciliter la gestion des équilibres inter-sociétés, sous réserve des conventions juridiques et bancaires en place.

FAQ : Tableau de flux de trésorerie
Comment remplir un tableau de flux de trésorerie ?
Pour remplir un tableau de flux de trésorerie, trois types de données sont généralement mobilisés : le compte de résultat (pour la méthode indirecte et certains retraitements comme la CAF), le bilan comptable et ses annexes (notamment les immobilisations et la variation du BFR), et éventuellement le tableau de financement pour analyser certaines opérations de financement.
Les flux sont ensuite classés en trois catégories : exploitation (FTA), investissement (FTI) et financement (FTF), chaque mouvement de trésorerie étant affecté à la bonne section (entrées positives, sorties négatives).
Deux méthodes existent pour les flux d’exploitation :
la méthode directe, basée sur les encaissements et décaissements réels
la méthode indirecte, basée sur le résultat net ajusté des éléments non monétaires
La méthode indirecte est la plus utilisée en pratique car elle s’appuie sur des données issues de la comptabilité d’exercice.
Comment l'affacturage apparaît-il dans un tableau de flux de trésorerie ?
L’affacturage impacte principalement les flux d’exploitation (FTA), car il transforme des créances clients en encaissements immédiats.
Les frais et commissions liés à l’affacturage peuvent, selon les référentiels utilisés, être classés en flux d’exploitation (FTA) ou en flux de financement (FTF).
Point de vigilance : un recours récurrent à l’affacturage pour compenser un FTA structurellement insuffisant peut masquer une tension de trésorerie liée au BFR plutôt qu’une amélioration réelle de la performance opérationnelle.
Le tableau de flux de trésorerie est-il obligatoire ?
En France, le tableau de flux de trésorerie n’est pas obligatoire pour les entreprises appliquant les normes comptables françaises (PCG). Il est toutefois fortement recommandé par l’Ordre des Experts-Comptables (OEC) comme outil d’analyse financière.
En revanche, il est obligatoire pour les sociétés appliquant les normes IFRS, selon la norme IAS 7, qui impose sa production tout en laissant le choix de la méthode (directe ou indirecte).
Il est également requis pour certaines entités réglementées (établissements de crédit, compagnies d’assurance et entités d’intérêt public) dans le cadre de leurs obligations de reporting.
Pour les PME et ETI non cotées, il reste facultatif sur le plan réglementaire, mais il est largement attendu par les banques et investisseurs dans le cadre d’une analyse de crédit ou d’une opération de financement.




