Tableau de Financement | Définition et Objectifs

Temps de lecture: 12 min

Le tableau de financement est un outil qui permet d’analyser et de comprendre le circuit financier interne d’une entreprise. Rétrospectif, il donne une idée précise sur la politique de financement et d’investissement d’une organisation. Découvrez comment l'utiliser dans cet article complet.

Qu’appelle-t-on tableau de financement ?

Il s’agit d’un outil de gestion qui présente de manière synthétique les flux financiers d’une entreprise sur une période donnée. Il se base généralement sur l’exercice comptable et fait état des ressources financières. Plus précisément, il s’agit d’une photographie des emplois et des ressources qui détermine les variations de patrimoine de l’entreprise.

Le tableau de financement est établi à partir du bilan comptable. Il comprend deux états :

  • Un qui décrit la variation du haut du bilan et donc les ressources et les emplois stables. Cette partie indique les composantes du fonds de roulement net global,
  • Un qui indique la variation du bas du bilan et donc les modalités de financement du cycle d’exploitation et le besoin en fonds de roulement de l’entreprise. Il est question ici des flux à court terme.

Le tableau de financement n’est pas à confondre avec le plan de financement. Ce dernier a une visée prévisionnelle. Il détermine les moyens de financement à mobiliser pour l’acquisition d’un bien ou d’une entreprise et prévoit les emplois et les ressources nécessaires.

FR - CTA plan de financement

À quoi sert un tableau de financement ?

Il contient des informations indispensables au pilotage d’une entreprise. Ce document précieux permet de :

  • Déterminer si l’organisation possède les ressources suffisantes pour couvrir ses dépenses,
  • Comprendre son circuit financier sur l’exercice comptable,
  • Prendre des mesures nécessaires au financement de futurs besoins.

Le tableau de financement permet d’autre part d’analyser :

  • La stratégie et la politique financière d’une entreprise,
  • Et son exploitation quotidienne (la gestion des stocks, les délais de paiement, etc.).

Et enfin, il est également utile, car il recense les données nécessaires à la construction d’un plan prévisionnel. En d’autres termes, le tableau de financement évalue la capacité d’une organisation à créer de la richesse. Il contribue à la valorisation d’une entreprise, voire à mesurer l’intérêt financier d’un projet. Il permet d’avoir une vision claire sur la solidité d’un projet ou d’une société et facilite les prises de décision.

De quoi est composé un tableau de financement ?

Cet outil se construit à partir des éléments du bilan comptable. Il permet de comprendre les raisons des bénéfices ou des pertes réalisés par une entreprise ou encore de tirer les leçons d’une situation d’équilibre. Son objectif est l’amélioration de sa performance sur le long terme.

Haut de bilan

Le haut du tableau de financement permet le calcul de la Variation de Fonds de Roulement Net Global (FRNG). Il mesure et liste les ressources et les dépenses de long terme.

Les emplois sont constitués de trois éléments.

Les acquisitions d’immobilisationsLes remboursements d’empruntsLes remboursements des comptes courants associés
Les investissements liés à la période comptable. Il est question des immobilisations corporelles, incorporelles et financières.Il est question de la part du capital remboursé pendant l’exercice comptable.Cet élément correspond à la restitution des avances en trésorerie des associés.

Les ressources, quant à elles, regroupent quatre éléments.

Les apportsLes empruntsLes cessions d’immobilisationsLa capacité d’autofinancement (CAF)
Ils correspondent au versement du capital par les associés.Ils sont associés aux prêts réalisés par l’entreprise pendant l’exercice comptable.Sont concernées ici les reventes d’immobilisations, qu’elles soient corporelles, incorporelles ou financières.La CAF mesure la somme qu’une entreprise est en mesure de dégager pour financer son propre développement.

Le haut du bilan constitue donc la première partie du tableau de financement. Voyons de plus près la deuxième partie.

Bas de bilan

Le bas du bilan permet d’expliquer l’impact de la variation visualisée sur le haut du bilan sur la trésorerie de l’entreprise. Il est question de rapprocher la variation du Besoin en Fonds de Roulement Net Global (FRNG) et celle de l’actif circulant. Cette deuxième partie met en évidence les avances de fonds qui permettent notamment de financer les stocks, mais également les délais de paiement.

Est appelé variation un besoin ou un dégagement. Si le résultat d’un poste d’actif est positif, on parle alors d’un besoin de financement, s’il est au contraire négatif, il s’agit d’un dégagement de ressources. En ce qui concerne les passifs, si leur résultat est positif, c’est un dégagement, s’il est négatif, il s’agit d’un besoin. Le calcul d’un solde de variation s’obtient comme suit :

Dégagement — besoin

Lorsque ce solde est négatif, cela signifie que les besoins de l’entreprise sont supérieurs à ses dégagements.

Variation des postes du bilan

Calculer la variation des besoins financiers permet de mesurer l’importance du besoin de trésorerie et éventuellement d’identifier les déséquilibres des différents postes. Ce calcul met en exergue la nécessité de revoir les délais de paiement accordés aux clients et de ceux consentis par les fournisseurs d’une entreprise.

Le tableau de financement permet également de démontrer qu’une variation de trésorerie provient de deux éléments :

  • La stratégie
  • Et la rigueur d’une entreprise.

Si on ajoute à l’analyse d’un tableau de financement des hypothèses fiables, il est également possible d’imaginer l’activité d’une organisation sur les futurs exercices.

Comment construire un tableau de financement ?

Comme vu précédemment, le tableau de financement se compose de deux parties. Chacune de ses parties se décompose, elle aussi, en plusieurs éléments.

La première partie

Cette première partie du tableau se décompose en 2 éléments.

Les ressources

On retrouve ici :

  • Les apports au capital des associés,
  • Les emprunts,
  • Les cessions d’immobilisations,
  • Et la CAF.

Où retrouve-t-on ces informations sur le bilan comptable ou encore comment calcule-t-on ces postes ?

  • Les apports au capital se trouvent dans le compte 101. Il est important de bien les distinguer avec les sommes versées en compte courant des associés. Il s’agit ici du paiement du capital social de la part des associés qui a lieu généralement lors de la création d’une société ou lors de l’augmentation d’un capital.
  • Les emprunts figurent au crédit des comptes 164. Ils concernent l’ensemble des prêts souscrits pendant l’exercice comptable concerné. La somme prise en compte est celle initialement empruntée. Ces emprunts constituent un apport financier à l’entreprise.
  • Les cessions d’immobilisations sont comptabilisées dans les comptes 775.
  • La CAF, quant à elle, se calcule en additionnant le résultat net de l’exercice aux dotations aux amortissements.

Une fois cette partie remplie, il s’agit de compléter celle correspondante aux emplois.

Les besoins (ou les emplois)

3 éléments constituent cette partie. Facilement reconnaissables, ils génèrent un décaissement dans la partie haute du bilan comptable. Voyons également où trouver ces éléments.

  • Les acquisitions d’immobilisations se trouvent dans la classe 2 de votre comptabilité. Chacune d’entre elles doit apparaitre pour le montant réel qu’elle a coûté au moment de son achat. Il est question ici uniquement des acquisitions réalisées pendant l’exercice comptable.
  • Les remboursements d’emprunts se trouvent au débit du compte 164. En revanche, les intérêts d’emprunts ne sont pas à prendre en compte. Ils représentent en effet une charge financière et entrent donc dans le calcul de la CAF.
  • Les remboursements des comptes courants d’associés se trouvent dans les comptes 455 et 457 ou 108 si vous êtes en entreprise individuelle.

Le résultat de la première partie

Le résultat est obtenu par la différence entre les emplois et les ressources. Il est appelé Variation du Fonds de Roulement Net Global (FRNG). Lorsqu’il est positif, cela signifie qu’une entreprise a une gestion saine et donc que les emplois stables ont bien été financés par des ressources durables.

La deuxième partie

Cette partie va mettre en exergue les variations du FRNG et son impact sur la trésorerie d’une entreprise.

Comment remplir les différentes lignes de ce tableau ?

Voici les différents postes qui constituent ce deuxième tableau.

Variations "Exploitation" Variation des actifs d'Exploitation :

  • stocks et en-cours
  • avances et acomptes versés sur commandes
  • créances clients, comptes rattachés et autres créances

Variation des dettes d'exploitation

  • avance et acomptes reçus sur commandes en cours
  • dettes fournisseurs, comptes rattachés et autres dettes

Totaux

A. Variation nette "exploitation" Variations "hors exploitation" Variations des autres débiteurs Variations des autres créditeurs TOTAUX

B. Variation nette "hors exploitation" TOTAL A+B Besoin de l'exercice en Fonds de Roulement ou Dégagement net de Fonds de Roulement Variations "Trésorerie" Variations des disponibilités Variation des concours bancaires et soldes créditeurs des banques TOTAUX

C. Variation nette "Trésorerie" Variations du FRNG TOTAL A+B+C Emploi net ou resources nettes

Pour la partie « Exploitation », les actifs et les dettes correspondent aux :

  • Variations de stock se trouvent dans les comptes de classe 3. Il s’agit de la différence entre la somme de fin d’exercice et celle du début d’exercice.
  • Avances et les acomptes versés sur commandes apparaissent dans le compte 409.
  • Variations des créances clients, des comptes rattachés et des autres dettes se trouvent dans les comptes 411 et ceux de la TVA débiteur en 44566, 44567, etc.
  • Variations des comptes fournisseurs sont en 401, celles des dettes fiscales d’exploitation en 44571, 44551 et celles des dettes sociales dans les comptes 43.

À ces données s’ajoutent celles de la partie « Hors Exploitation ».

Pour la partie « Hors Exploitation » :

On retrouve les variations des autres débiteurs et créditeurs telles que les :

  • Valeurs mobilières de placement qui transitent par le compte 50,

  • Fonds non versés par les associés au capital qui se trouvent dans le compte 45621,

  • Variations des comptes courants d’associés qui apparaissent dans le compte 455.

  • Variations de l’impôt sur les sociétés dû qui figure dans le compte 444,

  • Écarts de conversion,

  • Etc.

Ce deuxième tableau fait également apparaitre la variation de trésorerie (les disponibilités, les concours bancaires courants, les soldes créditeurs de banques et la variation de trésorerie nette).

Comment interpréter cette deuxième partie ?

Ce deuxième tableau donne lieu au calcul du Fonds de Roulement Net Global (FRNG). Il s’obtient par le cumul du FRNG d’Exploitation et du FRNG Hors Exploitation. Le résultat doit être identique à celui du premier tableau. Il s’interprète selon les mêmes modalités que celles appliquées à la première partie.

Exemple de tableau de financement

Pour illustrer ce guide, voici un exemple de tableau de financement.

FR - exemple de tableau de financement

Dans cet exemple, l’entreprise a plus investi en N qu’en N-1. En revanche, elle a augmenté sa capacité d’autofinancement. Le tableau fait également état d’une nette baisse du fonds de roulement en N. Si les investissements ont augmenté en N, ils ont été financés qu’à hauteur d’environ 50 % par l’endettement et l’autofinancement.

Ce constat met en lumière que les 50 % restants des investissements sont financés par des ressources non recensées dans ce tableau. La solvabilité future de l’entreprise peut alors représenter un risque.

Ce qu’il faut retenir sur le tableau de financement

Le tableau de financement est un outil de diagnostic financier qui permet d’expliquer la variation du patrimoine d’une société entre deux exercices comptables. Il repose sur la capacité de celle-ci à s’autofinancer et sur son investissement.

Cet outil met en exergue l'impact des variations du FRNG (long terme) sur celles de la trésorerie (court terme). Cette dernière nécessite une rigueur quotidienne dans le traitement des flux. Les entreprises ont alors tout intérêt à se munir d'outils performants pour les y aider. Agicap, logiciel de gestion de trésorerie, vous aide au quotidien dans le pilotage de votre entreprise. Testez-le gratuitement.

FR - CTA blog


S'inscrire à notre newsletter

Vous aimerez aussi