Face à l’inflation, la majorité des PME comptent augmenter leur prix et les salaires en 2022

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Selon la dernière édition du baromètre Rexecode - BPI France, non seulement la majorité des TPE-PME vont augmenter leurs prix et salaires en 2022, mais elles sont de plus en plus nombreuses à le faire. La hausse de l’inflation et les perturbations des chaînes d’approvisionnement pèsent de plus en plus sur l’activité.

55% des TPE-PME vont augmenter les salaires en 2022

Selon l’enquête, 55% des dirigeants prévoient d’augmenter les salaires en 2022. Ils étaient 50% en février. Dans les PME de plus de 10 salariés, la réponse est presque unanime puisqu’à présent 72% prévoient d’augmenter les salaires. L’impact de ces mesures ne doit pas être sous-estimé. En effet, nos PME emploient plus de 6 millions de salariés selon l’INSEE, soit 1 actif sur 5. Il faut également noter que 38% des PME ont déjà augmenté les salaires selon une enquête du CJD.

En moyenne, la hausse des salaires devrait s’élever à 2,7% (contre 2,2% en début d’année). Cela demeure inférieur à l’inflation, qui devrait s’élever à 5,5% sur 2022. Toutefois, le gouvernement s’active également pour prendre des mesures limitant l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat et ne pas laisser les entreprises seules face à ce sujet.

La dernière édition du baromètre ne revient pas sur les motivations des dirigeants quant à ces hausses de salaires. Cependant, l’édition de février soulignait 2 principales raisons : la fidélisation des collaborateurs et la défense de leur pouvoir d’achat.

De leur côté, les PME qui ne devraient pas augmenter les salaires le font soit parce qu’elles subissent des pressions trop importantes sur leur marge, soit parce qu’elles souhaitent plutôt offrir des avantages en nature à leurs salariés ou utiliser d’autres mécanismes telle que l’épargne salariale.

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61% des TPE-PME vont augmenter leurs prix en 2022

Toujours selon ce baromètre, 61% des dirigeants de TPE-PME prévoient d’augmenter leurs prix en 2022. Ils étaient déjà 58% en février 2022. La hausse est principalement motivée par la répercussion sur le client final de l’augmentation du coût des biens intermédiaires et de l’énergie. Un dirigeant sur trois augmente également ses prix face à la hausse des salaires. On note aussi quelques effets d’aubaine d’entreprises peu impactées par la hausse des coûts mais qui en profitent toutefois pour augmenter leurs prix.

Le rythme de la hausse des prix est plus important que prévu en février. Les dirigeants anticipent une hausse de 5,2% contre 3,8% en début d’année. En 3 mois, le nombre de dirigeants prévoyant d’augmenter leurs prix de plus de 10% a doublé.

Du côté des TPE-PME qui n’augmentent pas leurs prix, la principale raison est l’intensité de la concurrence. En creux, on lit donc qu’elles manquent de capacité à fixer leurs prix de vente et donc que l’élasticité prix de la demande est importante. En d’autres termes, la demande se contracte dès que les prix augmentent. On retrouve souvent dans cette catégorie les loisirs, la restauration ou l’hôtellerie.

La marge nette des TPE-PME devrait reculer

A la lecture de ces éléments, on peut penser que les TPE-PME vont sauvegarder leur marge nette, voire l’améliorer, en augmentant leurs prix davantage que les salaires. C’est oublier que les salaires ne sont pas le seul poste de dépenses des entreprises. En fonction du secteur, les achats de matières premières, biens intermédiaires et marchandises peuvent peser bien davantage. Or nombre de ces dépenses sont en hausse du fait de l’inflation et de la parité euro-dollar.

En conséquence, 44% des TPE-PME s’attendent à une dégradation de leur marge nette en 2022. Elles n’étaient qu’un tiers trois mois plus tôt. Il leur faudra donc jouer sur tous les levers pour réussir à sauvegarder leur marge et leur compétitivité.

Découvrez dans cette checklist les 4 leviers qu'activent les DAF pour contrer l'effet de l'inflation sur leur marge :

Checklist marges


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