Le crowdfunding ou financement participatif : définition et principe

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D’année en année, le crowdfunding séduit toujours plus d’entrepreneurs et d'investisseurs partout dans le monde. Signifiant littéralement "financement par la foule", ce mode de financement alternatif consiste à collecter des fonds via une plateforme en ligne pour toucher le plus grand nombre d’investisseurs. Réglementé en France depuis 2014 pour une meilleure sécurité des investisseurs, le crowdfunding constitue aujourd’hui une opportunité de financement très intéressante pour les entrepreneurs. Mais quel est le principe du financement participatif ? Quels sont ses secteurs de prédilection ? Et comment créer et réussir une campagne de financement participatif ? État des lieux du crowdfunding en France et conseils pour construire une campagne de financement participatif efficace.

Financement participatif : de quoi parle-t-on ?

Traduit en français par financement participatif, le crowdfunding est une solution de financement alternatif comme le financement par des proches dit love money. C’est un échange de fonds entre individus qui permet de financer un projet via une plateforme en ligne. Il s’adresse aux personnes physiques comme aux personnes morales et peut donc être utilisé par les particuliers comme les entreprises, les associations, les collectivités…

Il s’agit d’un mode de financement désintermédié qui échappe aux circuits bancaires traditionnels. Née au début des années 2000, cette forme de financement s’est considérablement développée depuis, passant de 167 millions d’euros collectés en 2015 à plus d’un milliard d’euros en 2020.

Comment fonctionne le crowdfunding ?

Le crowdfunding nécessite l’intervention de 3 types d’acteurs :

  1. un porteur de projet en recherche de financement ;
  2. un opérateur chargé de sélectionner les projets à présenter sur la plateforme et collecter les fonds pour les financer ;
  3. un contributeur prêt à investir dans un ou plusieurs projets.

Leur mise en relation s’effectue par le biais d’une plateforme en ligne.

Les différents types de financement participatif

Une campagne de crowdfunding peut prendre 3 formes différentes :

  • Le don (avec ou sans contreparties non financières) ;
  • Le prêt (gratuit ou rémunéré) ;
  • L’investissement participatif via la souscription de titres ou en échange de royalties.

Le crowdfunding sous forme de don (reward crowdfunding)

Les dons peuvent être effectués :

  • sans contrepartie ;
  • en échange d’une contrepartie symbolique : carte postale, tee-shirt…
  • ou en guise de pré-commande ou pré-vente du produit ou service devant être lancé.

Outre le fait de collecter des fonds, le reward crowfunding se présente pour un entrepreneur comme un moyen de tester le marché, de sonder son public et de conforter son projet. Il peut également constituer un levier pour obtenir d’autres financements. Le montant moyen collecté dans ce cadre s’échelonne généralement de 3000 à 5000 euros.

Le crowdfunding sous forme de prêt (crowdlending)

Les prêts peuvent être accordés :

  • sans intérêts ;
  • avec intérêts, mais sans caution ni garantie ;
  • en minibons : ces effets de commerce sont des bons de caisse intermédiés qui constituent une reconnaissance de dette. Ils sont matérialisés par un support papier nommé bon qui engage le porteur de projet à rembourser la somme avancée à l’échéance, avec des intérêts.

En général, le crowdlending sert à financer des dépenses non prises en compte par les banques. Ce peut être en particulier pour satisfaire un besoin en liquidités ou réaliser des investissements immatériels.

Un prêt accordé dans le cadre d’un financement participatif est consenti pour une durée de 7 ans maximum. S’il n’est pas rémunéré, l’emprunt est plafonné côté contributeurs à 5000 euros par projet. Lorsqu’il est rémunéré, son montant est limité à 2000 euros par projet.

Le montant moyen collecté par un porteur de projet pour une campagne de crowdlending varie entre 1000 et 200 000 euros selon le type de prêt concerné. Le taux d’intérêt moyen observé est de 8 %.

Le crowdfunding sous forme d’investissement participatif

Le financement participatif est ici concédé en échange :

  • de titres sociaux (parts sociales ou actions) : dans ce modèle nommé equity crowdfunding, l’investisseur entre au capital des entreprises aidées et en devient actionnaire. Il peut ainsi recevoir des dividendes et bénéficier de plus-values lors de la cession des titres.
  • de titres de créance ou obligations : la rémunération s’effectue ici par le biais d’intérêts ;
  • ou de royalties : l’investisseur perçoit des commissions sur le chiffre d’affaires généré.

Plus conséquent qu’avec les dons ou prêts, le montant moyen collecté pour un investissement participatif varie de 40 000 à 500 000 euros selon le type de financement choisi.

Les domaines de prédilection du crowdfunding

Plébiscité dans tous les secteurs professionnels, le crowdfunding est un mode de financement innovant particulièrement utilisé aujourd’hui dans 4 grands domaines : l’immobilier, l’économie sociale et solidaire, la culture et l’innovation.

L’immobilier

De nombreuses plateformes de financement participatif sont spécialisées dans la construction, l’acquisition et la rénovation de biens immobiliers à des fins de promotion. Citons notamment ClubFunding ou Koregraf. Il s’agit ici d’investir collectivement dans un programme immobilier pour en tirer des revenus locatifs partagés.

D’après la plateforme Hello Crowdfunding, la part de l’immobilier dans les projets de financement participatif représentait environ 60 % en 2021. L’investissement peut se faire via la souscription de titres financiers ou une prise de parts dans une société civile immobilière (SCI) ou une société par actions simplifiée (SAS).

L’économie sociale et solidaire

Particulièrement innovant, le domaine de la solidarité a vu naître les premières formes de financement participatif. Le crowdfunding est particulièrement utilisé pour financer des projets éthiques liés aux énergies renouvelables et à la transition écologique. Un label “financement participatif pour la croissance verte” a d’ailleurs été créé en 2017 pour faciliter le développement de projets écologiques.

La culture et le divertissement

Le financement participatif a littéralement explosé grâce à ce secteur qui a permis de promouvoir certains artistes avec du mécénat participatif ou de faciliter la production communautaire d’œuvres d’art. De nombreuses plateformes de crowdfunding existent aujourd’hui pour financer des projets dans les secteurs du jeu vidéo, de la musique, du cinéma ou encore de l’édition…

La création d’entreprise et l’innovation

Le crowdfunding permet aussi de financer des TPE, des PME ou des startups à la recherche de fonds pour développer des projets innovants. Le modèle de financement par prise de parts dans l’entreprise (crowdequity) est généralement privilégié dans ce secteur. Un financement participatif peut alors intervenir en complément d’un financement bancaire ou la participation d’un business angel. La rentabilité du projet et sa capacité à générer des profits rapidement sont souvent des critères décisifs pour les investisseurs prêts à s’engager dans ce secteur.

Avantages et limites du crowdfunding pour les entreprises

Financement participatif : les avantages pour une entreprise

Pour les porteurs de projet, les avantages du crowdfunding sont multiples. C’est un moyen de financement intéressant qui permet :

  • d’obtenir des fonds sans passer par les investisseurs traditionnels : pour financer des projets risqués, parce qu’innovants, ou certaines dépenses non prises en compte par les banques comme les besoins en fonds de roulement ;
  • de gagner du temps dans la collecte des fonds : une campagne de crowdfunding dure généralement entre 30 et 45 jours, soit un délai plus court qu’une autorisation de prêt bancaire ;
  • de créer un effet levier afin de se positionner plus facilement sur d’autres financements comme les prêts d’honneur, les subventions…
  • de tester un concept et son modèle économique afin de pouvoir faire évoluer le projet avant un lancement à grande échelle ;
  • de se faire connaître en constituant une communauté autour du projet.

Pour les porteurs de projet, l’intérêt de recourir au financement participatif va donc bien au-delà de la simple question du financement.

De la même manière, l’attrait du crowdfunding pour les contributeurs ne se limite pas forcément à des questions pécuniaires. Un financement participatif peut en effet prendre la forme d’un don ou d’un prêt sans intérêts. De plus, les investisseurs cherchent souvent par ce biais à établir un lien direct avec les porteurs de projet afin d’avoir un meilleur retour sur l’utilisation des fonds. Le recours à ce mode de financement témoigne alors d’une volonté d’engagement de l’investisseur dans le produit ou le service.

Inconvénients et limites du crowdfunding

Le crowdfunding présente toutefois des inconvénients et des risques pour un entrepreneur. Il est important de bien les connaître pour en anticiper les conséquences.

Les coûts d’utilisation de la plateforme

Lorsqu’il souhaite recourir au crowdfunding pour financer son projet, l’entrepreneur doit prendre en compte la commission prélevée par la plateforme auquel il a recours. Les taux de commission pratiqués peuvent aller jusqu’à 6 % de la somme totale collectée selon les intermédiaires. Des frais bancaires peuvent également être facturés en supplément. Au total, ces prélèvements peuvent grandement alourdir les sommes à rembourser et dans certains cas s’avérer plus onéreux qu’un prêt bancaire.

La diminution des parts sociales en cas d’investissement par titres

En permettant aux investisseurs d’entrer au capital de son entreprise, le porteur de projet se prive de dividendes à venir. Il doit anticiper ce manque à gagner dans ses besoins de financement et ne pas remettre en question le bon fonctionnement de son entreprise.

L’obligation de rembourser tous les fonds en cas de prêt

Dans certains cas, les investisseurs peuvent exiger un remboursement des fonds si le projet n’atteint pas ses objectifs dans le délai prévu. Ce risque doit être anticipé par l’entreprise qui doit alors disposer de la trésorerie nécessaire pour rembourser les fonds sans remettre en question sa pérennité.

Les chiffres du financement participatif en France

Selon le baromètre du crowdfunding en France établi en 2021 par le groupe Mazars, les fonds collectés l’année dernière ont augmenté de 84 % par rapport à 2020, passant de 1020 à 1880 millions d’euros en un an. Ces chiffres témoignent d’un intérêt croissant des Français pour cette solution de financement et d’épargne alternative. Depuis 2015, 4668 millions d’euros auraient ainsi été investis.

Les fonds collectés en 2021 par type de participation

  • 196,8 millions d’euros de dons (65,2 millions avec récompenses/131,6 millions de dons sans récompense) ;
  • 276,3 millions d’euros de prêts (259,7 millions d’euros de prêts rémunérés/16,6 millions d’euros en minibons) ;
  • 1400 millions d’euros d’investissements (1296,5 millions d’euros en obligations, 101,9 millions d’euros de participation au capital/1,6 million d’euros d’investissement en royalties)

Les dons bénéficient d’abord au secteur culturel avec 105,9 millions d’euros de fonds investis, devant le secteur social (50,7 millions d’euros de financements) et le secteur économique (40,2 millions d’euros). A contrario, les prêts ou investissements participatifs sont très majoritairement orientés vers le secteur économique, avec 1672,3 millions d’euros investis contre 6,8 millions d’euros dans le secteur culturel et 4,5 millions d’euros dans le secteur social.

Source : https://financeparticipative.org/wp-content/uploads/2022/02/BAROMETRE_CROWDFUNDING-2021_FPF-MAZARS.pdf

Crowdfunding : un dispositif de financement réglementé et contrôlé

Le cadre réglementaire du financement participatif

Afin de sécuriser juridiquement les opérations de financement participatif, un cadre réglementaire a été fixé en France par l’ordonnance n° 2014-559 du 30 mai 2014. Cette réglementation oblige les plateformes de financement participatif à justifier d’un statut particulier lié à la nature de leur activité :

  • pour proposer des dons ou des prêts (avec ou sans intérêts), les plateformes de crowdfunding doivent être immatriculées au registre de l’ORIAS en tant qu’intermédiaire en financement participatif (IFP) ;
  • pour proposer des titres financiers ou minibons, elles doivent être immatriculées au registre de l’ORIAS en tant que conseiller en investissements participatifs (CIP) ou prestataire de services d’investissement (PSI).

Un label « Plate-forme de financement participatif » a été créé par les pouvoirs publics pour permettre aux utilisateurs de ces plateformes de s’assurer qu’elles respectent la réglementation.

À noter qu’un Règlement européen (UE) 2020/1503 du 7 octobre 2020 entré en vigueur le 10 novembre 2021 fixe de nouvelles obligations pour les plateformes de crowdfunding au sein de l’Union européenne (UE). Les plateformes existantes ont jusqu’au 10 novembre 2022 pour se mettre en conformité. Les statuts de conseillers en investissements participatifs (CIP) et intermédiaires en financement participatif (IFP) seront alors remplacés par un nouveau régime appliqué dans tous les pays de l’UE.

Les organismes de contrôle du crowdfunding

Deux organismes publics sont habilités en France à contrôler les plateformes de crowdfunding et leurs activités :

  • l'Autorité des marchés financiers (AMF) assure le contrôle des conseillers en investissements participatifs (CIP) ;
  • l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) peut contrôler à tout moment un intermédiaire en financement participatif (IFP).

L’utilisation du label « Plate-forme de financement participatif » est quant à elle contrôlée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

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Comment réussir sa campagne de crowdfunding ?

Si la collecte de fonds est plus rapide en financement participatif qu’avec un prêt bancaire, une campagne de crowdfunding doit être soigneusement préparée pour porter ses fruits. Le choix de la plateforme et votre façon de communiquer pour trouver et convaincre des investisseurs seront notamment décisifs dans la réussite de votre levée de fonds.

Avant la campagne

La préparation de la campagne est une étape cruciale dans tout projet de financement participatif. Durant cette phase préparatoire qui peut prendre 2 à 3 mois, vous devez :

  • Rassembler tous les éléments utiles pour convaincre vos investisseurs de la maturité du projet : étude de marché, plan de financement, prototype, supports de communication à présenter (brochures, visuels, vidéos)…
  • Définir précisément vos besoins en financement et le type de financement participatif auquel vous souhaitez recourir (don, prêt, investissement participatif), ainsi que les contreparties à concéder aux investisseurs (intérêts, royalties, titres sociaux ou titres de créance…) ;
  • Choisir la plateforme de crowdfunding correspondant à vos objectifs et votre cible. En fonction de ces critères, vous pouvez vous orienter vers une plateforme généraliste comme Ulule et Wiseed ou une plateforme spécialisée dans un secteur ;
  • Construire votre présence en ligne et créer une communauté solide autour du projet, en particulier sur les réseaux sociaux ;
  • Préparer soigneusement la page de présentation du projet sur la plateforme : elle doit être claire et attractive pour donner envie aux investisseurs potentiels de se lancer dans l’aventure avec vous ;
  • Fixer la date de lancement de la campagne et sa durée, mais aussi le budget et le temps que vous êtes prêt à lui consacrer. Planifiez également toutes les opérations à mener durant la phase de collecte pour inciter votre communauté à investir dans le projet.

Pendant la campagne

Une campagne de crowdfunding est une opération de communication à part entière qui nécessite une forte capacité à mobiliser les investisseurs par une présence en ligne tout autant que par des actions physiques.

Au lancement de la campagne, commencez par contacter vos proches en leur demandant de partager l’information pour élargir votre réseau afin de toucher un maximum de personnes. Pour assurer votre visibilité durant la campagne de crowdfunding, vous devez ensuite dérouler votre plan de communication, étape par étape, et ce jusqu’à la fin du délai imparti.

Après la campagne

Que vous ayez réussi ou non à rassembler les fonds souhaités, vous devez tirer le bilan de votre campagne de financement : pour anticiper les étapes suivantes, et relancer si besoin une autre campagne. Pensez aussi à remercier vos investisseurs et à les tenir informés dans le temps de l’avancée de votre projet.

Selon le modèle de financement choisi pour votre financement participatif (don, prêt ou investissement participatif), vous devez après la levée de fonds pouvoir respecter les engagements pris auprès de vos investisseurs et rembourser vos créances éventuelles. La gestion de votre trésorerie constitue alors l’un des éléments clés qui vont vous permettre d’honorer vos engagements. À défaut, vous risquez de devoir rembourser les sommes prêtées, au risque de compromettre la pérennité de votre projet.

Pour connaître les autres méthodes de financement de trésorerie, regardez cette vidéo :

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